Construit en 1928 par la United Amusement Corporation Limited, une filiale de Famous Players, le Granada a ouvert ses portes en janvier 1929. La programmation du Théâtre était alors très diversifiée afin de satisfaire au besoin d’évasion des spectateurs durant la Crise et la Seconde Guerre mondiale. On pouvait venir y voir des films, des spectacles et s’y informer grâce aux actualités filmées. Le Granada est ensuite passé par toutes les innovations cinématographiques : l’arrivée du son, les changements technologiques de la projection et du son et le court passage des films à trois dimensions. Les actualités filmées présentaient des nouvelles de partout dans le monde : de l’allocution du Premier Ministre Taschereau à la naissance de jumelles Dionne, en passant par la Seconde Guerre mondiale et l’explosion du dirigeable Hiddenburg. Ces courts films ont permis aux Sherbrookois et Sherbrookoises de prendre connaissance des événements à la grandeur de la planète. Les spectateurs et cinéphiles sont passés par toute la gamme des émotions en découvrant les Laurel & Hardy, Charlie Chaplin, Errol Flynn, Shirley Temple, Olivia De Havilland, Bette Davis, etc.
L’année 1929 marque l’arrivée du cinéma parlant avec le film Street Angel. Débutent alors de longues heures d’écoute, de rassemblement et d’information au Théâtre Granada. Le rôle du Théâtre à l’époque était donc d’informer la population de tous les changements en plus de les divertir. La volonté des théâtres d’atmosphère était à l’époque de rendre accessible à tous, instruits ou non, les pulsations planétaires. Bien que le cinéma ait trôné au Théâtre Granada pendant 54 ans, c’est-à-dire jusqu’en 1983, les spectacles n’ont pas été laissés pour compte. Le Théâtre a accueilli des artistes régionaux et internationaux tels que l’Orchestre Symphonique de Sherbrooke, l’opéra-bouffe Le Caïd, Louis Armstrong et son orchestre, Gaby Morlay, Les Ballets Russes de Monte-Carlo, Maurice Chevalier, Le Barbier de Séville, la Famille Von Trapp, Rhapsody in blue de Gershwin, Luis Mariano, Raoul Jobin, La Traviata, Ti-Coq et d’autres encore.
Une nouvelle tendance se dessine entre 1970 et 1980 : les salles de cinéma s’installent dans les centres commerciaux au détriment, non seulement du Théâtre, mais de tout le centre-ville de Sherbrooke. Les projections cinématographiques tirent à leur fin au Théâtre Granada... et la vocation première du Théâtre s’estompe lentement.